· Un bel exemple de tourisme vert : Huttopia, le camping qui «ne perturbe pas l’environnement»


D’inspiration canadienne, le concept propose des hébergements en bois.
A l’approche, ça sent le cauchemar. En lisière de forêt, la nationale 10 déverse un flot de véhicules, tandis que l’architecture des laboratoires Garnier ressemble peu à un horizon de vacances.
Il faut avancer quelques centaines de mètres plus loin, dans la forêt, pour goûter au calme. C’est là, face à l’étang d’or, que le nouveau camping de Rambouillet a ouvert le 5 juillet. Comme tous les autres, il connait les embouteillages de camping-cars en fin de journée, les cris d’enfants et les comptoirs de glaces. Mais celui-là a un truc en plus : il respecte l’environnement.

Concept

Le tourisme responsable, c’est comme le sexe, certains en parlent et d’autres le font. Pendant que les tour-operateurs rivalisent de vraies fausses annonces en faveur de la protection de l’environnement, les campings Huttopia apportent modestement leur pierre à l’édifice. Et, surtout, discrètement. D’abord, chez Huttopia, on refuse d’endosser l’étiquette du camping écolo. Probablement pour ne pas effrayer le touriste rétif aux questions environnementales. «Pour nous, le camping est par définition un camping qui laisse peu de traces et ne perturbe pas l’environnement», raconte Philippe Bossanne, fondateur du projet avec sa femme Celine.
D’un séjour au Canada, le couple a ramené un concept de campings nature, intégrés dans la forêt. Loin des campings qui jouent la course à l’équipement (bowling, boîte de nuit ou toboggans aquatiques.), ils ont équipé des sites municipaux en déshérence de canadiennes faites de bois et de toile tendue, de roulottes et de cabanes en bois. Partout, du bois. Beaucoup de bois. Du Douglas non traité, le principal bois de construction d’Amérique du nord. L’essence confère à l’ensemble un aspect naturel imbattable. «A chaque nouveau camping (l’équipe vient d’ouvrir son troisième Huttopia), on fait un pas de plus pour l’environnement», raconte Stéphane Duc, l’un des associés.

Piscine sans chlore

Huttopia mène donc une politique du petit à petit. Et ces petites choses, mises bout à bout, allègent l’impact du camping sur la forêt. Les «Huttopistes» ont investi 1,7 million d’euros dans le vieux camping de Rambouillet, aidés par la municipalité qui leur a cédé une délégation de service public. Ils paient un bail à l’Office national des forêts avec lequel ils développent différentes activités à l’attention des vacanciers (découverte des essences, ballades naturalistes). Ils ont implanté dix tentes, dix roulottes et dix cabanes, construit une salle de séminaires, une aire de jeux.
Mais ce qui fait vraiment la différence, c’est la piscine écolo, sans chlore et nettoyée par des algues. Ici, l’eau de pluie doit être récupérée pour l’arrosage des plantes, et peut-être pour l’alimentation du fameux bassin de baignade (mais pas encore pour les sanitaires).
La presque totalité des 200 ampoules sont fluocompactes, si bien que la consommation électrique du campeur s’élève à 3 kilowattheures par jour (contre 7 dans un camping classique, voire plus).
La pose de limitateurs de débit à tous les robinets diminue la consommation d’eau par campeur (105 litres par jour, contre 200 litres pour un touriste en moyenne). Les bacs de tri sont implantés dans la terre, les tentes éclairées par des lampes solaires, les produits d’entretien écologiques.
Seulement voila, les clients s’en fichent, et ils ne viennent manifestement pas pour ça. Parmi les occupants des cabanes en bois, la famille Goument, du Havre, qui a «vu une offre sur Internet», même si l’aspect écolo de leur camping les préoccupe «assez peu».

«Finalement, explique Stéphane Duc, avec notre système, les gens sont dans un site un peu écolo sans le savoir, ni le sentir. Cela ne leur demande aucun effort.» De plus, ce modèle économique permet aux patrons d’Huttopia d’économiser de l’eau et de l’électricité (en 2006, l’Huttopia de Versailles a réalisé un chiffre d’affaires de 780000 d’euros).
Le campeur, en revanche, pas encore. Les deux semaines à Rambouillet coûtent 1 800 euros aux Goument. Une nuit dans une canadienne (de luxe) équipée d’un frigo à gaz et de deux lits revient à 70 euros.
Ecologie ne rime malheureusement pas encore avec philanthropie.

— Looping




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